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Quebrantahuesos 2011: L'obligation vitale du respect de l'environnement



PERSPECTIVES POUR UN CYCLISME DURABLE
Communiqué n° 211


La Quebrantahuesos, l'un des évènements majeurs du cyclosport européen, a réuni cette année près de dix mille aficionados à Sabinanigo (province d'Aragon) parmi lesquels on reconnaissait quelques vedettes du cyclisme espagnol comme Joseba Beloki et Eduardo Chozas.
Dans le cadre des échanges de bonnes pratiques entre les organisateurs européens de cyclosportives , Fernando Escartin, le nouveau président du club organisateur "Pena Ciclista Edelweiss de Sabinanigo et Roberto Iglesias, l'organisateur historique avaient invité la patrouille Eco Cyclo et Sud Velo Ne Jetez Plus afin de sensibiliser les concurrents au respect de l'environnement.
Le temps frais et ensoleillé sur le versant espagnol était plus mitigé sur le versant français avec de la pluie dans la basse vallée d'Aspe avant d'attaquer la difficile ascension du col de Marie Blanque par Escot célèbre et redoutée pour ses quatre derniers kilomètres à douze pour cent.
L'organisation géante de l'épreuve qui mobilise plus de mille bénévoles a comme d'habitude parfaitement fonctionné au niveau de la sécurité, des ravitailllements particulièrement bien pourvus, de l'assistance mécanique et du repas où chacun pouvait s'abreuver à volonté de l'excellente bière locale (sans alcool il va sans dire).



Le parcours immuable et mythique de la Quebrantahuesos, se déroule sur 205 kilomètres à cheval sur la frontière franco-espagnole, gravit quatre cols (Somport, Marie Blanque, Pourtalet et Hoz de Jaca) et permet d'admirer des paysages pyrénéens exceptionnels dominés par le majestueux Pic du Midi d'Ossau, fierté des horizons béarnais.
Le passage dans les espaces naturels protégés du Parc National des Pyrénées dans la descente du col du Somport par la sauvage vallée d'Aspe puis dans la haute vallée d'Ossau avant le col du Pourtalet ainsi que le passage dans la zone pastorale du plateau du Benou dans la descente du col de Marie Blanque imposent cependant un comportement exemplaire des participants et des nombreux supporters présents dans les cols, ce qui jusqu'à présent était loin d'être le cas, obligeant des équipes de bénévoles à effectuer un nettoyage minutieux du parcours après l'épreuve. Pour cette raison, des feuilles d'information étaient distribuées aux milliers de spectateurs présents dans les cols pour les informer du risque d'interdiction des futures éditions de la Quebrantahuesos pour les exhorter à conserver leurs déchets. De plus, des barrières avaient été disposées le long de la route dans les deux derniers kilomètres du col du Pourtalet pour empêcher les voitures de se garer dans le Parc National et les obliger à se garer dans l'immense parking de la station de ski de Formigal situé juste derrière le col sur le versant espagnol. L'harmonisation européenne en matière de protection de l'environnement a encore de beaux jours devant elle...



Pour inciter les concurrents à conserver leur déchet, les organisateurs avaient organisé un concours consistant à ramener les emballages dans un sac en plastique et à les déposer à l'arrivée dans une urne en vue d'un tirage au sort permettant de gagner des lots. Grâce à tous ces efforts, le comportement des concurrents est en légère amélioration mais reste loin d'être exemplaire. Les tubes de gel et les journaux étaient encore beaucoup trop nombreux dans les cols.

Sur le plan sportif, José Belda, vainqueur de l'épreuve pour la deuxième fois, mit 5h37 pour effectuer le parcours à 36,5 km/h de moyenne tandis que le dernier terminait après 19h en 11h36 à 17,7 km/h. Ce large délai, permettant au plus grand nombre de participer est sans doute une des raisons de l'immense succés de la Quebrantahuesos, véritable épreuve cycliste de masse dans laquelle le plasir de pédaler pour aller au bout de soi-même l'emporte sur l'esprit de compétition.



Espérons que les efforts des organisateurs finissent par porter leur fruit afin que la Quebrantahuesos, une des plus belles cyclosportives du monde, puisse continuer à ravir chaque année des milliers d'afficionados inconditionnels qui viennent et reviennent avec un plair toujours renouvelé.

Pierre GADIOU

- La Patrouille Eco Cyclo de la Quebrantahuesos: 2011

- Emile ARBES
- Philippe BRUANT
- Pierre GADIOU
- Didier GARAT
- Jean-Christophe MASSOUBRE
- Laurent MILLEROU

- La Journée d'un Patrouilleur sur la Quebrantahuesos (J.C. Massoubre)


Samedi matin nous voilà réunis les 6 Patrouilleurs ainsi que nos amis Orange de Sud Vélo Ne Jetez Plus, à l’entrée du village départ pour nous rendre sous les ordres de Roberto IGLESIAS, directeur de l’épreuve, sur la ligne de départ.
Le peloton est toujours aussi impressionnant vu de devant, et nous mesurons tous la chance et le privilège que nous avons d’être si bien accueillis chaque années et de partir en tête, auprès de certains Champions Espagnols et d’autres à la réputation moins glorieuse (à l’image de ce qui peu se faire chez nous en France, avec d’anciens « bannis »)
Dés le départ donné à 7h30, ça part sur les chapeaux de roues, tout le monde voulant remonter à l’avant du peloton. La traversée de SABINANIGO est très rapide ce qui ne nous permet pas d’apprécier le public très nombreux tant il faut rester vigilant et concentré sur le moindre obstacle.
La présence de l’hélico au dessus du peloton renforce un peu plus la tension et la nervosité, car on ne perçoit plus les bruits du peloton.
Le rythme sera très soutenu jusqu’au 1er vrai pourcentage du Col du Somport c’est à dire, les 8 derniers km. Le peloton restera groupé jusqu’à 3km du sommet avant de commencer à casser en plusieurs groupes (enfin vue de devant).
Au 1er ravitaillement, personne ne s’arrête. Nombreux sont ceux qui prendront des journaux tendus par les spectateurs pour se protéger du froid dans la descente.
Journaux que l’on retrouvera malheureusement au bas de la descente, jonchant la chaussée à partir d’ESCOT, tous comme les 1ers emballages de barres et autres gels énergétiques qui s’étendront sitôt passé le sommet du Somport.
Côté Français, la météo n’est pas bonne et nous prendrons la pluie à partir de BEDOUS.
Après une longue descente du Somport, se profile alors la 2éme difficulté du jour et non des moindres, une véritable « verrue » comme l’appel certains cyclistes : le Col de Marie-Blanque et ces 4 derniers km à plus de 10% de pente moyenne. Le pied est abordé à vive allure et au fur et à mesure que se profil la célèbre Borne Bleue, qui marque le début des forts pourcentages, le silence règne au sein du peloton (qui n’en est plus un). Seuls les encouragements des spectateurs venus nombreux au sommet viendront rompre la monotonie du profil.
Au sommet, des ravitaillements « sauvages » permettent à certains de refaire le plein en énergie et une nouvelle fois, le vide de leurs déchets. Au niveau du ravitaillement présent au Plateau du Bénou, des poubelles de la taille d’un gros panier de basket sont présentes en bord de route et incitent de part le message (en Espagnol) d'y jeter les déchets.
Passés la Chapelle au bas du Bénou, la pluie s'est arrêtée, la route devenue sèche par un fort vent de face qui souffle jusque dans la vallée.
La descente vers LARUNS se fait vent de face également, mais plus de pluie et ce jusqu’à l’arrivée.
Après plus de 125 km , nous abordons le Col du Pourtalet, très long avec 28km d’une ascension irrégulière où il est impératif de bien gérer son effort.
Un nouveau ravitaillement liquide peu avant GABAS où bon nombre de cyclistes se verront tendre des gobelets plastiques et autres bouteilles qu’il leur sera difficile voir impossible de jeter avec précision dans les poubelles disposées en bord de route ; il aurait très certainement était plus judicieux d’installer des zones plus larges pour la réception des déchets, un peu comme sur la dernière Etape du Tour avec des filets tendus à même le sol.
De mon côté, je tente tant bien que mal à faire « La Police » auprès de certains membre de mon groupe qui après avoir vidé bidons et bouteilles ce débarrassent des gobelets par dessus le parapet de la route : malgré la barrière de la langue et les gestes parfois « violents », je n’aurais pas le dernier mot !
Le lac de FABREGES, il reste prés de 10km d’ascension. Un ravitaillement solide/liquide est mis en place avant d’entamer cette dernière portion difficile. Le replat ne permet même pas de souffler tant l’allure reste soutenue. Les spectateurs et autres supporter (notamment ceux de BIZANOS, club très représenté chaque année) sont de plus en plus nombreux au fur et à mesure que le sommet ce rapproche. Et c’est entre 2 haies de spectateurs que nous finissons de gravir les derniers kms du Pourtalet.


Au sommet, je trouve qu’il y a beaucoup de déchets sur la chaussée ; peut-être que certains se prennent pour des coureurs du Tour et s’allègent en vue des derniers kms.
La descente est abordée à très vive allure avec un fort vent de dos : mon compteur affiche régulièrement 85-90km/h. Malgré la largeur de la route et en dépit d’une faible circulation, beaucoup prennent de gros risques et coupent toute la chaussée dans les larges virages. Pour ma part, la prudence reste de mise, et je préfère rester à quelques longueurs des roues qui me précèdent afin d’anticiper tout danger.
Après une quinzaine de kms de descente très rapide, nous bifurquons sur le petit village d’EL PUYO de JACA ; se profile alors le dernier morceau de la journée, l’Hoz de Jaca, petit col par la distance (seulement 2.5km) mais très rude de part sa pente moyenne proche de 9.5% avec des passages à plus de 10% sur une chaussée qui tranche avec le reste de l’épreuve (route étroite, en mauvais état, « cimentée » sur le sommet). Là, il faut serrer les dents pour rester au contact de son groupe, le nombreux public Espagnol encore très présent et fervent supporter nous aide à nous dépasser et aller chercher dans nos dernières forces. Ca y est, le sommet est passé, le rythme reste soutenu et il va falloir rester très vigilant pour effectuer la descente très technique avec de nombreuses épingles.

Reste la fin de la descente sur SABINANIGO, avec sa route très large, ses grandes lignes droites et son vent de face qui finit d’user les organismes. Plus l’arrivée ce rapproche et plus le rythme s’emballe, si bien qu’à 2km, nous roulons à 60km/h !! Chacun de mon groupe (~50 coureurs) voulant faire le sprint.



Pour ma part, m’étant déjà fait piéger l’an passé, j’aborde la dernière ligne droite à l’abri et j'attends le dernier moment pour produire mon effort sachant que la ligne d’arrivée est en faux plat montant avec le vent défavorable, et de plus, que les 1éres arches ne matérialisent pas cette arrivée tant attendue.

Bref, après 6h14 d’effort, je rejoins le ravitaillement. Ici comme sur la route, je me rends compte du manque d’éducation de certains Espagnols (entre-autres) qui gaspillent la nourriture, jettent gobelets et autres emballages à même le sol (volontairement ou non) alors que de grandes bennes poubelles sont présentent à quelques mètres. Le repas d’après course avec ses mini box de pâtes n’est plus à volonté et c’est vrai qu’après 200km d’effort, ça peut faire un peu léger pour ceux qui ne boivent pas de bière !

Au final, je trouve difficile de faire un bilan de notre action sur une épreuve d’une telle envergure sachant que nous n'étions que 6 Patrouilleurs. Mais le nombre n’y changera rien, c’est plus une question d’éducation et de mentalité qui peut faire évoluer les comportements. Après, pour avoir un retour sur notre action et/ou l’évolution des comportements, il faudrait peut-être comparer d’une année sur l’autre le volume de déchets collectés sur le bord des routes pour avoir un indice fiable. Ou alors instaurer un système de pénalité en temps aux concurrents pris en flagrant délit, mais pour cela, il faudrait des commissaires présents sur l’épreuve à des endroits stratégiques ou des « patrouilles volantes ».

JCM.